Le manifeste

À l’Afipa, nous sommes persuadés que le selfcare est un atout essentiel pour améliorer et pérenniser notre système de soins. Afin d’ouvrir le débat et de donner des pistes concrètes de réforme, nous avons décidé de publier un manifeste en faveur du selfcare.

Les 3 objectifs du manifeste

1

S’adapter à l’évolution des mentalités en matière de santé

Aujourd’hui les patients ont changé : ils sont plus actifs dans la gestion de leur santé et sont davantage informés. Nous pensons qu’il faut accompagner cette tendance en offrant plus de choix et plus d’autonomie aux individus. Pour autant, cette autonomisation doit se faire de manière responsable c’est-à-dire dans le cadre sécurisé de l’officine et avec le conseil du pharmacien

2

Rendre le système de soins plus efficace

L’objectif de l’Afipa est de rendre notre système de soins mieux organisé et plus efficace. Développer le selfcare c’est permettre à chacun, avec les conseils de son pharmacien, de prendre en charge sa santé, c’est permettre aux médecins de se concentrer sur les cas les plus sévères et aux urgences de gérer… les urgences !

3

Pérenniser le financement solidaire des maladies graves

La prise en charge collective de toutes les pathologies, y compris les maux du quotidien, n’est plus tenable. Ce que propose l’Afipa c’est une prise en charge individuelle des maux bénins pour permettre la continuité d’un financement solidaire des maladies plus graves et sévères.

L’interview de Pascal Brossard, Président de l’Afipa de juin 2011 à juin 2016

Pouvez-vous nous expliquer les raisons qui vont ont poussées lancer ce manifeste ?

Face à de fortes contraintes d’organisation et budgétaires, le système de soins doit aujourd’hui être réformé. C’est une réalité que nous mesurons tous, d’ailleurs 79% des Français en sont pleinement conscients. À l’Afipa, nous avons des propositions, concrètes, pragmatiques qui permettront au système d’évoluer et de se moderniser. Pour nous, cela passe par le développement du selfcare.
C’est bien l’objectif de ce manifeste : proposer aux décideurs politiques une solution « clef en main » pour permettre l’émergence du selfcare en France.

Pourquoi un manifeste et non Livre blanc ?

Parce qu’un Livre blanc est davantage une contribution à la réflexion collective sur un sujet donné. Ici, ce que nous voulons, c’est littéralement nous « manifester » c’est-à-dire prendre position et exposer notre programme d’action. On a trop longtemps mal évalué ou sous-estimé le potentiel stratégique, social et économique du selfcare.
L’enjeu de ce manifeste c’est bel et bien de nous faire entendre !

Et précisément, selon vous, qu’est ce qui doit changer ?

Alors même que les médicaments d’automédication sont financièrement accessibles, le système français persiste à favoriser le « tout-médecin » et la prise en charge des maux du quotidien, par la collectivité. Ce modèle ne prend en compte ni les contraintes du système de soins ni l’évolution des comportements de santé. Les individus sont désireux d’être acteurs de leur santé grâce notamment aux moyens d’information dont ils disposent. Nous devons les accompagner. C’est la raison pour laquelle à l’Afipa, nous plaidons pour la mise en place de vrais programmes d’éducation à la santé pour accompagner cette autonomisation. Des programmes éducatifs spécifiques pourraient, par exemple, être mis en place.
De manière globale, je dirais que le selfcare doit bénéficier d’une politique plus ambitieuse ! Le premier pas de cette politique consisterait à faire du selfcare la première étape parcours de soins pour les pathologies bénignes. Cela signifie qu’il faut élargir l’offre de produits disponibles sans ordonnance et confirmer le pharmacien dans son rôle de professionnel de santé de proximité.

Pour vous les politiques sont trop timorés en ce qui concerne le selfcare ?

En réalité, le selfcare se développe, c’est le sens de l’Histoire. C’est l’automédication, qui est pour nous une partie du selfcare, qui pâtit à la fois d’un manque de volonté politique et d’une mauvaise image, principalement véhiculée par les média.
Saviez-vous qu’entre 2012 et 2014 seule une procédure de délistage national a abouti contre 6 en 2010 ? Je crois que ces chiffres illustrent parfaitement l’absence d’élan politique de ces dernières années.
Autre problème à mon sens : le manque de considération pour les médicaments d’automédication. Il faut en finir avec la confusion entre remboursement et efficacité et avec la supposée dangerosité des médicaments délivrés sans ordonnance. Les médicaments d’automédication sont soumis aux mêmes règles de mise sur le marché que tout autre médicament. Ils présentent les mêmes garanties de sécurité, tout en permettant à la collectivité de faire des économies.

Quelle est votre vision du selfcare dans 10 ans ?

Le selfcare va se développer, c’est une évidence, parce que les individus réclament de plus en plus d’autonomie. Le développement du selfcare se fera à la faveur de l’apparition des nouvelles technologies, je pense tout particulièrement aux applications santé, et de nouveaux produits dans le périmètre du selfcare.
La seule inconnue c’est l’ampleur de ce changement car il dépend du courage dont les politiques voudront bien faire preuve…

Pascal Brossard, Président de l'Afipa

Les études du manifeste